Innocent ? (2002)

 

D’abord, la marquise, masquée d’insouciance, une marquise rose, violette, gaie ?… tellement serrée, contenue, enfermée sous un corset au plus près ajusté, montée sur échasses, au bord de la chute, au dessus de sa réalité. Le sourire figé d’une bouche démesurée. Les yeux écarquillés d’insouciance trompeuse peuvent-ils encore s’illuminer ? C’est mon décor que je porte, mes artifices… Une féminité extravagante ?

Puis, d’une intimité exagérément « extravertie », cachée donc sous le masque et les couleurs significatives de ce solitaire « heureux ! bien sûr ! », tout artifice s’efface. Place à ce que je suis, au plutôt, à ce que je crois être au milieu des autres. Place à toutes les questions que je ne me posais pas dans l’innocence de l’enfance… Aimez-moi, à quel prix… « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier  »… L’utopie « gay »… Sida… La roulette russe… Je préfère peut-être fermer les jeux et regarder les autres s’embrasser…

Je préférerais sûrement être un ange. Mais mes ailes seraient tellement lourdes, que lente serait l’envolée vers la liberté, et en guise d’auréole, le poids de fer d’une « génération gelée  ».

Bref, avez-vous déjà vu une innocente petite marquise sage comme un ange ? Qu’est-elle devenue ? Est-elle heureuse aujourd’hui ?


Chorégraphie et interprétation : Thomas Lebrun
Musiques : Simon Fisher Turner – Frank Lambert- Billie Holiday – Pierre Malar
Bande-son : Frank Lambert
Lumières : Pascal Chassan
Durée : 40 minutes

Production : Compagnie Illico
Coproduction : Le Vivat d’Armentières, Le Studio de Nouvelle technologie du Manège SN de Maubeuge
Avec le soutien du Carré Danse/Danse Création (Marcq-en-Baroeul), du Centre national de la danse - Pantin et de Danse à Lille pour les studios.